Aux confins de l’arctique canadien, le village de Churchill, sur les rives de la baie d’Hudson, compte à peine 800 âmes et autant d’ours polaires. A la rencontre de la toundra et de la taïga (forêt boréale), aucune route ne mène à Churchill. On y accède uniquement en deux jours de train ou en avion. Son isolement en fait une destination rare et précieuse. 

Sous ces latitudes, les journées d’hiver boréal sont courtes et la lumière rasante du soleil est très douce. Le froid vous mord mais c’est le prix à payer pour vivre quelques jours au royaume des ours polaires.

En novembre, les températures sont glaciales et le vent polaire permet à la banquise de se former, ce qu’attendent impatiemment les plantigrades pour aller chasser le phoque. De cela dépend leur survie. Pendant 3 ou 4 semaines, des centaines d’ours polaires convergent vers les côtes de la baie d’Hudson, surveillant la glace jusqu’à ce qu’elle soit assez épaisse pour pouvoir les porter loin des rivages.

Face à un ours noir, prépare toi pour la bagarre

Face à un grizzli, fais toi tout petit

​Face à un ours polaire, fais ta prière

Les ours polaires dans cette nature sauvage sont le rappel s’il en était besoin de ce que nous avons à perdre, et de ce que nous avons encore le pouvoir de protéger.

Spildra, Norvège. Une petite île de 16 habitants et quelques perdrix des neiges au nord du cercle polaire arctique, à quatre heures de ferry de Tromso. Une poignée de maisons en bois rouges et jaunes, une petite épicerie, quatre bateaux de pêche, et si nous avons de la chance, des orques entrées dans le fjord pour chasser les harengs. What else…

​

Grâce à mon ami Arnaud Marchais, j’ai eu l’immense privilège de me tenir face aux plus grands prédateurs de la terre : l’ours polaire et l’orque.

​Voyager a sur moi ce pouvoir de rétrécir l’ego jusqu’à me fondre totalement dans le décor qui m’entoure. Dans ces moments où le vacarme de nos esprits se tait devant la beauté saisissante du monde, s’installe la sensation de n’être plus moi-même. Je sens monter au fond de mon âme de voyageuse le sentiment que je fais partie d’un tout, ni plus ni moins à ma place qu’une orque, un ours, les forêts, les montagnes ou les mers.

​C’est précisément dans ces instants que je me sens pleinement vivante. Sans artifice, enfin parfaitement libre et heureuse, le temps d’un voyage..

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *